Enseignement spécialisé: transition difficile vers le monde du travail?

par Agence Alter, Cédric Vallet

Enseignement spécialisé: transition difficile vers le monde du travail?

Enseignement spécialisé: transition difficile vers le monde du travail?

Agence Alter, Cédric Vallet
Photos : Jonathan Prêteux
13 octobre 2016

C’est pour les élèves au «retard mental léger» que l’enseignement spécialisé de type 1 – forme 3 a été conçu. En réalité, ces classes sont composées de publics hétérogènes – déficients, primo-arrivants, déclassés du système scolaire. Une information précise et adaptée sur l’après école est rendue plus difficile du fait de ce mélange et du fait que l’étiquette «enseignement spécialisé» est mal vécue. Si certains trouvent un emploi après leur formation professionnelle, d’autres s’égarent entre les options – limitées – qui se présentent à eux. Ils ne se tournent pas toujours vers les structures qui pourraient les aiguiller.

Les horizons possibles
Que pourront-ils faire après l'école ? A quoi auront-ils droit ? Peuvent-ils suivre des formations ? © Jonathan Prêteux

L’enseignement spécialisé de type 1 – forme 3 s’adresse à des élèves censés pâtir d’un «léger retard mental». Dès 13 ans, on leur apprend un métier. Ils sont destinés à intégrer le monde professionnel «ordinaire». Mais certains rêvent de se réinventer… et de se réorienter. Reportage à Basse-Wavre, lors d’une session d’information organisée par l’AMO SOS Jeunes-Quartier Libre et l’école Edmond Peeters.

Dans le centre de plein air madeleine Clément, à Basse-Wavre, une dizaine d’élèves sont assis dans une salle de classe. Ils se tortillent sur leur chaise. Certains s’endorment, d’autres suivent avec un grand intérêt les paroles des animateurs. Ils évoquent leur avenir dans une relative torpeur propre à l’étrange été indien qui caresse la Belgique. Ces jeunes sont en 6ème professionnelle à l’école spécialisée Edmond Peeters. Ils sont donc tous censés être légèrement déficients mentaux. Que pourront-ils faire après l’école ? A quoi auront-ils droit ? Peuvent-ils suivre des formations ? Lors de cette journée – organisée par le service d’aide en milieu ouvert (AMO) SOS Jeunes-Quartier Libre et le centre psycho-médico-social d’Ixelles, en partenariat avec l’école Edmond Peeters, on tente de trouver des réponses.

Cela fait déjà plusieurs années que l’AMO, le CPMS et des professeurs de l’école spécialisée Ixelloise, tentent de mieux préparer cet « après » qui suscite craintes et espoirs et dans lequel tant de jeunes s’égarent. C’est en 2009 que l’association a commencé à s’intéresser à la question et à tisser des liens avec l’école voisine. «Des anciens élèves d’Edmond Peeters venaient nous voir, après avoir terminé le secondaire et ils témoignaient de difficultés. Ils étaient un peu perdus. Ne savaient pas toujours vers qui se tourner. Ils étaient comme laissés à eux-mêmes», se souvient Catherine Demoulin, travailleuse sociale à l’AMO. Car pour ces élèves, après des années à évoluer dans un monde assez protégé – les classes ne dépassent pas 10 élèves, l’encadrement est plus important – il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans le monde extérieur. Que cela soit dans les bureaux d’Actiris ou de Bruxelles-formation.

En ce début d’années, la séance d’info, à laquelle participent le centre Psycho-médicosocial d’Ixelles et des professeurs de l’école, permet de défricher le terrain. Une question importante est posée : Aura-t-on droit à des allocations de chômage ? «Non, s’exclame Radouane je pense qu’on a plus droit à ça, il faut travailler pour avoir le chômage, il faut le mériter et puis dormir.» Quelques rires lui répondent puis une animatrice prend le relai: «C’est vrai ce que dit Radouane, on ne reçoit pas directement le chômage après les études, il faut d’abord s’inscrire chez Actiris et attendre douze mois. Douze mois pendant lesquels il faut chercher un emploi.» Deuxième question : «Est-ce qu’on peut poursuivre les études ?» Une réponse fuse, emplie d’optimisme : «Bien sûr madame, tout est possible dans la vie.»

Pourtant, pour ces élèves de l’école Edmond Peeters, l’horizon des possibles est limité. «Beaucoup voudraient continuer des études témoigne Jézabel Lans, du centre psycho-médico-social communal d’Ixelles (CPMS). Et ils le peuvent, mais il y a des restrictions qu’ils vivent très mal. Ils se rendent compte que leur certification ne vaut pas grand-chose sur le marché de l’emploi.»

Un premier type en drôle de forme

Ces élèves suivent un cursus dans l’enseignement spécialisé. Un enseignement qui s’adresse à des élèves ayant «des difficultés spécifiques», si l’on en croit le site officiel de l’administration. La classe présente à Basse-Wavre suit une scolarité dans l’enseignement dit «de type 1, de forme 3».

infographie ecole spécialisée

En janvier 2016, 8996 élèves étaient inscrit dans l’enseignement de type 1 – forme 3.

Le type 1 accueille des élèves souffrant d’un retard mental léger évalué par un test de quotient intellectuel. Un QI situé dans une fourchette de 55 à 70 correspond à une déficience intellectuelle légère. L’enseignement est de «forme 3». Cela veut dire qu’il vise à une insertion socio-professionnelle dans le monde du travail «ordinaire», contrairement aux personnes dont le handicap ne permet pas d’intégrer cet univers ordinaire et qui peuvent travailler dans des entreprises de travail adapté (ETA). Les élèves sont préparés à l’exercice d’un métier – dans l’hôtellerie, le textile, le service aux personnes etc.

En janvier 2016, 8996 élèves étaient inscrit dans l’enseignement de type 1 – forme 3.

Dans les faits, beaucoup de ces jeunes sont en demande de réorientation à la fin de leurs études.

«La plupart ne veulent pas faire le métier pour lequel ils ont été formés», explique Jézabel Lans. Ils ont été orientés à 12 ans et ont dû choisir un métier dès 13 ans, alors qu’ils étaient à peine sortis de l’enfance. Soufiane, élève qui apprend le métier «d’auxiliaire de magasin» peut en témoigner :

«J’ai choisi ça par défaut, rien n’était intéressant. Aujourd’hui je veux me réorienter vers les études de sport, le basket surtout.»

Pour opérer une réorientation, suivre des formations, reste à bien savoir ce qui est possible.

 

Les 5 chemins de l'après école
Un élève en dernière année de l'enseignement spécialisé de type 1 – forme 3, a cinq options d'avenir © Jonathan Prêteux

Un élève en dernière année de l’enseignement spécialisé de type 1 – forme 3, a cinq options d’avenir :

Des classes fourre-tout, et un gros tabou
La multiplicité des profils et le côté « fourre-tout » de ces classes rend parfois les choses difficiles lorsqu’on les informe de ce qui les attend après l’école © Jonathan Prêteux

Les classes de l’enseignement spécialisé de type 1 – forme 3, conçu pour des déficients mentaux, sont très hétérogènes. On y trouve des primo-arrivants, des déclassés du système scolaire et des déficients chroniques. Dans ce contexte, le handicap est un mot tabou. Ce qui brouille les pistes d’une information sur l’après école.

L’enseignement de type 1 – forme 3 a été conçu pour des élèves mentalement déficients. La réalité est plus nuancée. «On retrouve aussi dans le type 1 – forme 3  des personnes en décrochage scolaire, pas forcément en situation de déficience intellectuelle chronique installée, affirme Sophie Donnay, du service Phare.» Dans ces classes se côtoient des personnes qui, effectivement, souffrent d’un handicap léger. Mais aussi des primo-arrivants qui traînent dans ces écoles spécialisées leurs difficultés avec la langue française. Ou encore, «des élèves qui se retrouvent là à cause de difficultés pédagogiques, d’un manque de stimulation intellectuelle, ajoute la psychologue de Phare.» «C’est clair que certains élèves sont en quelque sorte éjectés de l’ordinaire, ajoute Christine Stevens, coordinatrice pédagogique à l’école Joie de vivre. Pour une partie des élèves on supplée aux échecs de l’ordinaire. De plus, ces élèves ont perdu toute estime d’eux-mêmes.»

Pourtant, les élèves passent des tests de quotient intellectuel, rencontrent des psychologues et assistants sociaux avant d’être orientés vers le spécialisé. L’orientation n’est pas censée être faite à la légère. Mais il semble que certains passent à travers ces filets. «Beaucoup présentent les caractéristiques d’une déficience intellectuelle nuance Sophie Donnay, mais l’origine de ces difficultés est différente.» Des difficultés que Benoît Lengelé, directeur de l’école spécialisée joie de vivre résume ainsi : «Difficulté réelles d’apprentissage et de mémorisation qui nécessitent de répéter régulièrement les consignes.»

La multiplicité des profils et le côté « fourre-tout » de ces classes rend parfois les choses difficiles lorsqu’on les informe de ce qui les attend après l’école. Selon Catherine Demoulin, «cela ne permet pas toujours de proposer une information ciblée».

Handicap, le grand tabou

C’est autour de la question du handicap que les difficultés se cristallisent. «Ici, les élèves ne se considèrent pas comme handicapés, raconte le directeur de l’Institut Charles Gheude, dans les Marolles, à Bruxelles. Donc ils n’acceptent pas l’accompagnement prévu dans ce cadre.» «Comment aborder cette question face à des élèves qui n’ont jamais parlé de handicap et qui pour certains ne sont pas handicapés ? C’est la grande difficulté», résume Muriel Atisy, coordinatrice de la maison de l’emploi à Ixelles (Actiris).

Pour certains élèves, leur présence dans le spécialisé est l’objet de malentendus profonds.

Certains disent ne pas vraiment savoir quelles sont les spécificités de leur école. Ils n’évoqueront jamais des «déficiences mentales». Sara, à 18 ans, pense que son école est consacrée «aux élèves qui ont des difficultés en mathématiques ou en français». Lorsqu’elle comprend que pour poursuivre ses études dans l’ordinaire, il lui faudra reprendre ses études en 4ème ou en 5ème professionnelle, avec des petits jeunots, c’est l’amertume qui prend le dessus : «ça me dérange de devoir recommencer en quatrième, dit-elle ; c’est comme si les études que j’ai faites ici n’avaient servi à rien.»

Même sentiment chez Soufiane qui «ne comprend toujours pas pourquoi il faudrait retourner en 5ème». Pour lui aussi, l’école Peeters travaille avec des élèves «qui pour certains ont des difficultés» ; mais, ajoute-t-il, «je ne pense pas qu’on parle handicaps». C’est clair, le vrai handicap, aux yeux de Soufiane, c’est le pedigree de son école : «C’est un handicap d’être dans une école spéciale. Quand on me demande ce que je fais, j’invente. J’essaye d’éviter, c’est embarrassant car les gens vont croire que je suis handicapé.»

Alors beaucoup veulent se débarrasser de cette étiquette «made in handicap» de l’école spécialisée. Ils sont nombreux à vouloir rejoindre l’ordinaire, quitte à ravaler sa fierté et à se retrouver avec des tous jeunes en 4ème professionnelle. Sauf qu’une fois sortis de l’école spécialisée, il se trouve que l’intégration dans l’ordinaire ne se passe pas toujours très bien. «Le rythme de travail est élevé, le nombre d’élèves par classe est plus important, certains ne s’en sortent pas», énumère Jézabel Lans.

Le fait d’être allergique au mot «handicap» aboutit à ce que certains élèves passent à côté d’une aide qui aurait pu leur être précieuse. Très peu se rendent spontanément, après un enseignement spécialisé de type 1, dans les locaux de Phare. La plupart s’orientent vers des services généraux. Ce qui semble logique pour la plupart de ces élèves. «Mais pour les moins autonomes, ou ceux qui ont besoin d’aide pour un projet professionnel, notre aide pourrait être utile, car les services généralistes sont parfois démunis sur la question du handicap, estime Marie Carton, psychologue chez Phare.»  Et sa collègue, Sophie donnay, d’enchainer : «Nous remarquons que beaucoup d’élèves qui sortent du spécialisé essayent un peu toutes les possibilités qui s’ouvrent à eux, ils se plantent, dépriment, se marginalisent et reviennent chez nous en dernier recours.»

Enfin, les impacts de ce «tabou» du handicap ne sont pas non plus anodins lorsqu’on évoque la recherche d’emploi et l’inscription en tant que demandeur d’emploi. «Lorsqu’ils viennent chez Actiris, ces élèves n’ont pas envie d’être identifiés comme des personnes à difficulté, ils ont envie de se fondre dans le public ordinaire, déclare Christine Corombokis de l’antenne Ixelloise d’Actiris. Ils ont une certaine pudeur.» Du coup, l’orientation éventuelle vers la consultation sociale d’Actiris – dont les délais pour obtenir un premier rendez-vous sont déjà longs – prendra davantage de temps. C’est pourtant au sein de cette consultation que des solutions plus fines et adaptées pourraient être trouvées pour des personnes en difficulté. «Si la difficulté n’est pas bien identifiée, alors l’orientation ne sera pas bien faite, regrette Muriel Atisy.»

Mieux orienter, mieux informer
Comment aider les élèves à identifier qui fait quoi parmi la multitude d’acteurs spécialisé dans l’insertion socio-professionnelle ? © Jonathan Prêteux

Des projets se multiplient afin d’assurer une meilleure transition entre l’école spécialisée, l’école ordinaire et, surtout, le monde du travail.

Pour éviter que les élèves, à la sortie de l’école, ne se retrouvent sur le carreau et disparaissent des radars, de nombreuses écoles tentent de trouver des solutions. La première d’entre elle est de bien informer les élèves. Les informer des options possibles, en fonction de leurs envies. Tenter de les aider à identifier qui fait quoi parmi la multitude d’acteurs spécialisé dans l’insertion socio-professionnelle. Et, bien sûr, définir ou redéfinir un projet professionnel.

L’essentiel est surtout de créer un lien avec ces acteurs, pour que les élèves sachent qui contacter. «Car lorsqu’ils se retrouvent seuls, les anciens élèves sont perdus, surtout lorsqu’ils recherchent un emploi», nous dit Christine Stevens, coordinatrice pédagogique à l’école Joie de vivre. Et cela nécessite de répéter les informations, pour s’assurer qu’elles soient bien assimilées, de distribuer des petits flyers avec les adresses et numéros de téléphone utiles.

Ce martèlement nécessaire des informations peut passer par l’organisation de rencontres avec des interlocuteurs-clé. L’idée étant que les élèves identifient la bonne personne pour trouver une formation, pour élaborer un projet professionnel à la mission locale ou même, simplement, pour s’inscrire chez Actiris.

Chaque école de la Fédération Wallonie-Bruxelles, depuis 2013, est censée proposer un «plan individuel de transition», pour favoriser le «continuum entre école et vie active». Mais la circulaire, si elle ne brade pas le PIT, n’inclut pas pour autant beaucoup d’obligations. Trois «étapes» d’information et d’élaboration d’un projet d’avenir doivent être mises en place. Une grande latitude d’action est laissée aux écoles.

D’autres écoles vont plus loin. L’école joie de vivre organise un déplacement vers l’antenne d’Actiris, permettant aux élèves d’associer l’institution à une personne réelle.

L’AMO SOS Jeunes-Quartier Libre organise avec le CPMS d’Ixelles trois sessions d’information en 6ème année pour les élèves de l’école Edmond Peeters. La première a lieu en septembre, à basse-Wavre, pour commencer à penser à l’après. La seconde se déroule en avril. Les élèves rencontrent des personnes ressources de différentes institutions (Phare, Actiris, mission locale, Bruxelles-formation) et se rendent dans leurs locaux. La dernière session a lieu en juin et permet de poser davantage de questions à la représentante d’Actiris avant d’aller visiter les locaux de l’agence pour l’emploi. La dernière session n’est pas obligatoire pour les élèves.

Enfin, en Région bruxelloise, 6 écoles participent à un projet intitulé «Transition-insertion 2020», qui s’inspire de ce qui se fait en Région wallonne depuis plusieurs années. Ce projet est co-financé par le fonds social européen et coordonnée par la Febrap (Fédération bruxelloise des entreprises de travail adapté). Glynis Carron, de la Febrap nous trace les contours du projet : «Il permet la mise en place de référents-coordinateurs dans ces écoles. Ces référents encadrent les jeunes pendant leur dernière année d’études secondaires et les 12 mois qui suivent leur sortie de l’école (définition d’un projet professionnel, accompagnement dans les démarches administratives, contact avec les familles etc.)». L’objectif affiché étant «d’éviter les situations de rupture face au monde du travail à l’issue des années de secondaire».

Des parcours réussis, des qualités professionnelles
Les difficultés réelles de certains de ses élèves peuvent se transformer en atout professionnel © Jonathan Prêteux

On ne rencontre pas que des jeunes en risque de décrochage dans le spécialisé. Mais aussi des jeunes qui trouvent un boulot et dont les qualités sont reconnues.

Les parcours des élèves qui sortent de l’enseignement spécialisés de type 1 – forme 3 ne sont pas faits exclusivement de difficultés, d’hésitations et de désorientation, loin s’en faut. Des élèves sont embauchés par leur patron de stage; d’autres trouvent rapidement un poste de blanchisseuse, de monteur en sanitaire, de peintre en bâtiment, de piqueur polyvalent, d’ouvrier maroquinier. C’est d’autant plus le cas lorsque les métiers appris à l’école correspondent à un besoin du monde du travail (aujourd’hui, ces métiers ne sont pas proposés en fonction des métiers dits en pénurie). Le directeur de l’Institut Gheude affirme même que «seule une minorité de ses élèves se sent un peu perdue» au sortir de l’école. On pense à Bruno qui s’est inscrit au centre d’éducation et de formation en alternance d’Anderlecht (Cefa) et qui travaille en alternance sur des chantiers en tant qu’apprenti menuisier. Ou à Naïm qui a directement trouvé un boulot au Carrefour de Kraainem, après avoir appris le métier d’auxiliaire de magasin.

Selon Benoît Lengelé, directeur de l’école joie de vivre, les difficultés réelles de certains de ses élèves peuvent se transformer en atout professionnel : «Ces jeunes n’ont pas la même perception de l’aspect répétitif d’une tâche. Ils peuvent répéter longtemps la même tâche. Ils ont un déficit d’ambition qui les rend appréciés. Et dans une cuisine de 2000 personnes on a besoin de commis de cuisine, pas de chefs cuistots. Ils font leurs tâches ni plus ni moins et restent à leur place. Leur valeur professionnelle est reconnue.»

Une plus-value professionnelle que confirme Angelo Del Bianco, fondateur de l’entreprise Sanichautoi, spécialisée dans l’installation de sanitaires, chauffages et toitures, mais qui fut aussi professeur dans l’enseignement spécialisé : «Tous les mois j’ai un à deux stagiaires de l’enseignement spécialisé. Ils sont très souples dans leur relation au travail et savent très bien ce qu’est leur but : s’insérer dans la société et être comme tout le monde. Ils ne monteront pas les marches quatre à quatre, mais une à une. Je veux leur faire monter les échelons, car je sais qu’ils pourront s’adapter dans des entreprises. Et je constate que ces jeunes sont souvent en besoin d’affection, en quête d’un référent, alors qu’un type qui sort du professionnel ordinaire, il pense directement que c’est lui le référent. »